Oeuvres

Land of plenty - Publication

Vulnerabilis

Démarche

« Votre interrogation de la condition humaine, marquée par la vulnérabilité, opposant à l’entropie une résistance à la fois fluide et acharnée, me touche. L’attention aigüe de votre regard, de votre main traduisant ce regard par le dessin, insiste sur une matière humaine-végétale, jusqu’à les traverser, en les fusionnant, et cette plongée dans l’infiniment proche produit des œuvres où l’incarnation et l’abstraction sont en tension, d’une forte présence. »

Philippe Rahmy, le 28.9.2017

Depuis mes premiers dessins, j’interroge la question du souffle. Au début, je ne dessinais que des plantes pour exprimer des émotions humaines : agitation, tristesse, rejet, désir, attirance, peur… Depuis quatre ans, explorant la porosité de l’homme au monde qui l’entoure, je me suis glissée sous la peau. J’y ai retrouvé des motifs végétaux, épousant des formes organiques, créant parfois une dentelle d’un genre nouveau, par le biais d’un fusain toujours plus léger, en écho à ma recherche autour du souffle.  C’est ainsi que commença mon projet d’un herbier à la fois proche et différent des herbiers « traditionnels » : un herbier humain…

A la croisée entre littérature et peinture

Ma formation littéraire nourrit mon inspiration esthétique et ma pratique du dessin. Pour exprimer ce lien fort entre littérature et peinture je propose des lectures à chaque exposition. Lus à haute voix devant un public, les textes ouvrent de nouvelles perspectives tout en soulignant une part importante de l’inspiration et du propos des dessins. Fragilité, corps en souffrance, organique et végétal entremêlés, réseaux, lus ou dessinés, se répondent… Le temps passant, les textes littéraires (re)prennent une place plus importante dans la gestation même du dessin, et des collaborations s’esquissent.. 

PROJETS ET EXPOS

``PROJET D'ART INTEGRE POUR LA CATHEDRALE DE FRIBOURG: `finaliste``

CONCOURS D’ART INTEGRE: création d’un reliquaire pour Saint Pierre Canisius. Sélectionné lors d’une première phase anonyme et ouverte à tous, mon projet « EST EST » a été écarté en finale.
Exposition des projets du concours:
Vernissage public le 2 octobre 2020 à 17h, Grand Rue 14, 1700 Fribourg
Ouverte également le samedi 3 et dimanche 4 octobre, de 10h à 12h, et de 14h à 18h.

EXPOS

``PARIETAL``, au théâtre Nuithonie, à Villars-sur-Glâne (2 décembre - 8 février 2020)

Pariétal: Exposition personnelle, du 2 décembre 2019 au 8 février 2020, au théâtre Nuithonie, à Villars-sur-Glâne.
Exploration de paysages intérieurs et organiques, toujours en écho avec la question du souffle, « Pariétal » investit le champ d’une intimité physique ou mentale. L’hésitation entre le végétal et l’humain questionne la porosité de l’homme et embrasse ici la question du théâtre : qu’est-ce qu’on montre, qu’est-ce qu’on cache ? Ce qui est vulnérable, intime ou protégé sous la peau s’affiche sur les murs. A l’immensité du monde qui se reflète dans un corps, répond l’infiniment petit qui prend sur le béton une place immense.

``We are small``, Ferme Asile, Sion

« We are small« : Exposition de carnets proposée par Véronique Mauron à la Ferme Asile, à Sion, du 9 novembre au 15 décembre 2019: 37 artistes, 38 carnets. Deux carnets présentés: un en collaboration avec Augustin Rebetez, réalisé comme une correspondance, un autre seule, et très incarné. Ici, le carnet poursuit l’exploration de paysages intérieurs et organiques. Ailes de papillon, caresses minérales, végétales ou organiques expriment ainsi une prise de parole, entre hommages littéraires et déplacements de lettres ou de pigments à la recherche d’une poésie du vivant, proposant une exploration d’une intimité physique et mentale.

``Hissez haut!``, Pont Chauderon, Lausanne

« Hissez haut!« Du 28 octobre au 11 novembre 2019, sur le Pont Chauderon, à Lausanne. Exposition conçue par Visarte Vaud sur concours. 36 drapeaux de 3 mètres par 3. Mon drapeau, intitulé « Souffle« , présente un dessin au contour de deux poumons, sur fond couleur peau. Proposition du drapeau: Hisser haut notre condition d’être humain. Mettre en lien le vent qui fait flotter le drapeau et l’air qui nous fait vivre. Du premier au dernier souffle, bercé par le flux et le reflux de notre respiration. Faire face aux éléments. En flottant avec le vent, ces poumons dressés disent la quintessence de notre être au monde, par vent arrière comme par vents contraires. Dire l’incidence de nos émotions sur notre propre souffle – entrecoupé, précipité ou haletant, selon les circonstances. Essoufflement. Suffocation. Asphyxie. Face à la difficulté, on retient son souffle, on sent le picotement d’un vent trop froid sur sa peau – qui donne sa couleur au drapeau. Par temps calme comme par tempête, que l’on ait le vent en poupe ou que l’on soit à bout de souffle.

``Orbis terrae``, galerie C (extra muros), Bellinzona (8 février - 28 avril 2019)

A la domus Poetica, à Bellinzone, exposition présentée par la Galerie C (Neuchâtel), hors les murs, avec : Luc Andrié, Xavier Bauer, Matthieu GAfsou, Alain Huck, Mingjun Luo, Jean-Christophe Norman, Guy Oberson, Eric Poitevin, Michael Rampa. Du 8 février au 28 avril 2019.

``We are small``, Ferme Asile, Sion

« We are small (2019)« : Exposition de carnets proposée par Véronique Mauron à la Ferme Asile, à Sion, du 9 novembre au 15 décembre 2019: 37 artistes, 38 carnets. Deux carnets présentés: un en collaboration avec Augustin Rebetez, réalisé comme une correspondance, un autre seule, et très incarné. Ici, le carnet poursuit l’exploration de paysages intérieurs et organiques. Ailes de papillon, caresses minérales, végétales ou organiques expriment ainsi une prise de parole, entre hommages littéraires et déplacements de lettres ou de pigments à la recherche d’une poésie du vivant, proposant une exploration d’une intimité physique et mentale.

``Land of plenty``, Musée du papier peint, Mézières

« Land of plenty est une installation présentée au sein de l’exposition « Chambre avec vue d’artistes » (du 11 novembre 2017 au 10 juin 2018), organisée par Guy Oberson au musée du papier peint à Mézières avec David Clerc, Liliana Gassiot, Catherine Liechti, Guy Oberson et Ivo Vonlanthen.

Dans « Land of plenty », l’organique et le végétal se confondent -ou s’interpénètrent ? Arbres et végétaux, système sanguin, arbres bronchiques et circuits synaptiques se ressemblent et se répondent. Faisant écho à une croyance encore répandue à l’époque médiévale selon laquelle l’homme contiendrait en lui l’univers entier, les dessins ébauchent des réseaux de sang ou de sève, esquissant quelque chose de l’ordre d’une cosmologie humaine. Les végétaux disent l’attirance, le désir et la vie, les éléments organiques et la fragilité de toute existence, qu’elle soit végétale ou humaine. Les organes déclinent des émotions humaines, portés par la fragilité d’un fusain qui incarne ce désir de vivre et de créer, malgré tout. La terre d’abondance dont rêve l’être humain se voit figurée par celle qui existe sous son épiderme. Tant que les liquidités humaines circulent (sang, lymphe, chyle, sperme), elles disent la vie qui frémit encore, entre diastole et systole. Les battements du cœur palpitent jusqu’au cœur des membranes. Les végétaux des papiers peints de la pièce bleue renvoient à la fragilité de la vie qui fourmille sous la peau. Ils se propagent sur les papiers posés au sol à la manière d’auréoles oeuvrant à la décomposition des corps physiques et l’érosion du souvenir dans la communauté des vivants. L’horizontalité esquisse la finitude prochaine, évoquant le destin des anciens habitants de la demeure, dont le souvenir s’est effacé à l’instar des motifs du papier peint de la façade sud. Les calques superposés y font aussi référence, exprimant dans une tension ambivalente le creusement des corps vers leur intériorité palpitante et l’effacement de vie qui s’éloigne déjà dans le souvenir. Au cours de cette exposition, j’ai animé trois lectures autour de la fragilité:

  • Lecture en hommage à Philippe Rahmy (26 nov 2017)
  • Lecture et entretien avec David Bosc, autour de « Mourir et puis sauter sur son cheval » (éd. Verdier) (3 décembre 2017)
  • Lecture par les élèves de la classe préprofessionnelle du conservatoire de Fribourg (sous la direction de Yann Pugin); 6 textes autour de la fragilité (autour des textes de D. Bosc, A-C. Decorvet, P. Kramer, P. Rahmy, E. Pagano, T. Sandoz) (28 janvier 2018)
Vulnerabilis, Galerie Jean-Jacques Hofstetter (texte de Michel Layaz)

« En pénétrant dans la galerie, on découvre d’abord les peintures à l’huile, ces paysages qui sont à la fois très beaux et chargés de dramaturgie, entre une dévastation possible et une résurrection probable, une nature forte mais faillible tout à la fois, des lieux remués, à l’intérieur desquels on pénètre avec prudence mais qui, par une sorte de magnétisme vous attire, vous inquiète, comme une virée en haute mer. On voudrait les traverser ces paysages, les éprouver, et puis aller voir plus loin, derrière, savoir ce qui s’y passe, pressentant que notre présence, quoi qu’il soit, sera sans importance, et vite effacée. Et pourtant, la certitude que ces paysages gardent tout, n’oublient rien.

Ailleurs dans la galerie, juste après la turbulence des dessins au fusain, ces ouragans pourtant menacés de disparaître d’un seul souffle, il y a les peintures sous verre – on a changé d’attelage – toute cette vie qui frémit là, fleurs, pétales ou femmes qu’importe, palpitations, systole-diastole, sang qui glisse, corps qui coulent, vivaces, cette transparence liquide, insaisissable, pour peut-être signifier l’épaisseur d’un miracle : celui de la fécondité, et puis d’un autre, cette fois-ci plutôt un mystère : celui de notre finitude.

Evoquer la fragilité de ce qui est, autour de nous et en nous, c’est nous faire vaciller, sortir de l’intérieur de nos murailles, oublier nos gardiens, nous concentrer sur ce qui, vraiment, constitue le cours des choses.

Ces paysages, ces fleurs, ces plantes – dans ce temps aigu qui les constitue – nous oblige, et je voudrais remercier Muriel Zeender de nous offrir cela, à combattre… l’engourdissement. »

Presse

La liberté 08.09.2016

 Deux regards sur l’existence

L’hebdo  22.09.2016

  Muriel Zeender: bonjour l’artiste

Blog culturel « La batoille », 3.12. 2019

 Pariétal

Contact

Muriel Zeender

Pour me contacter: muriel.zeender@bluewin.ch

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