Oeuvres

Land of plenty - Publication

Vulnerabilis

Démarche

Depuis mes premiers dessins, j’interroge la question du souffle. Au début, je ne dessinais que des plantes pour exprimer des émotions humaines : agitation, tristesse, rejet, désir, attirance, peur… Depuis deux ans, explorant la porosité de l’homme au monde qui l’entoure, j’ai glissé sous la peau, pour plonger dans l’infiniment proche. J’y ai retrouvé des motifs végétaux, épousant des formes organiques, créant parfois une dentelle d’un genre nouveau, par le biais d’un fusain toujours plus léger, en écho à ma recherche constante autour du souffle.  C’est ainsi que commença mon projet d’un herbier à la fois proche et différent des herbiers « traditionnels » : un herbier humain…

A la croisée entre littérature et peinture

Littérature, peinture, mon parcours se nourrit des deux. Mes études, mes travaux de recherche littéraire et mes lectures ont nourri mon inspiration esthétique et ma pratique picturale. Pour exprimer ce lien fort entre littérature et peinture je propose des lectures à chacune de mes expositions. Lus à haute voix devant un public, les textes ouvrent de nouvelles perspectives tout en soulignant une part importante de l’inspiration et du propos des dessins . Fragilité, corps en souffrance, organique et végétal entremêlés, réseaux, lus ou dessinés, se répondent… 

Pour exprimer ce lien fort entre littérature et peinture je propose des lectures à chacune de mes expositions. Lus à haute voix devant un public, les textes ouvrent de nouvelles perspectives tout en soulignant une part importante de l’inspiration et du propos. Fragilité, corps en souffrance, organique et végétal entremêlés, travail sur le souffle, réseaux organiques et végétaux font écho du texte aux dessins et des dessins au texte…

Pour poursuivre le lien au livre, le petit catalogue « Land of plenty » reproduit séparément les dessins présentés pêle-mêle dans mon installation, en écho avec des citations littéraires.

EXPOS

En ce moment : ``PARIETAL``, au théâtre Nuithonie, à Villars-sur-Glâne

Pariétal: Exposition personnelle, du 2 décembre 2019 au 8 février 2020, au théâtre Nuithonie, à Villars-sur-Glâne.
Exploration de paysages intérieurs et organiques, toujours en écho avec la question du souffle, « Pariétal » investit le champ d’une intimité physique ou mentale. L’hésitation entre le végétal et l’humain questionne la porosité de l’homme et embrasse ici la question du théâtre : qu’est-ce qu’on montre, qu’est-ce qu’on cache ? Ce qui est vulnérable, intime ou protégé sous la peau s’affiche sur les murs. A l’immensité du monde qui se reflète dans un corps, répond l’infiniment petit qui prend sur le béton une place immense.

``We are small``, Ferme Asile, Sion

« We are small« : Exposition de carnets proposée par Véronique Mauron à la Ferme Asile, à Sion, du 9 novembre au 15 décembre 2019: 37 artistes, 38 carnets. Deux carnets présentés: un en collaboration avec Augustin Rebetez, réalisé comme une correspondance, un autre seule, et très incarné. Ici, le carnet poursuit l’exploration de paysages intérieurs et organiques. Ailes de papillon, caresses minérales, végétales ou organiques expriment ainsi une prise de parole, entre hommages littéraires et déplacements de lettres ou de pigments à la recherche d’une poésie du vivant, proposant une exploration d’une intimité physique et mentale.

``Hissez haut!``, Pont Chauderon, Lausanne

« Hissez haut!« Du 28 octobre au 11 novembre 2019, sur le Pont Chauderon, à Lausanne. Exposition conçue par Visarte Vaud sur concours. 36 drapeaux de 3 mètres par 3. Mon drapeau, intitulé « Souffle« , présente un dessin au contour de deux poumons, sur fond couleur peau. Proposition du drapeau: Hisser haut notre condition d’être humain. Mettre en lien le vent qui fait flotter le drapeau et l’air qui nous fait vivre. Du premier au dernier souffle, bercé par le flux et le reflux de notre respiration. Faire face aux éléments. En flottant avec le vent, ces poumons dressés disent la quintessence de notre être au monde, par vent arrière comme par vents contraires. Dire l’incidence de nos émotions sur notre propre souffle – entrecoupé, précipité ou haletant, selon les circonstances. Essoufflement. Suffocation. Asphyxie. Face à la difficulté, on retient son souffle, on sent le picotement d’un vent trop froid sur sa peau – qui donne sa couleur au drapeau. Par temps calme comme par tempête, que l’on ait le vent en poupe ou que l’on soit à bout de souffle.

``Orbis terrae``, galerie C (extra muros), Bellinzona

A la domus Poetica, à Bellinzone, exposition présentée par la Galerie C (Neuchâtel), hors les murs, avec : Luc Andrié, Xavier Bauer, Matthieu GAfsou, Alain Huck, Mingjun Luo, Jean-Christophe Norman, Guy Oberson, Eric Poitevin, Michael Rampa. Du 8 février 2019 au 28 avril 2019.

Vulnerabilis, Galerie Jean-Jacques Hofstetter, Fribourg

« En pénétrant dans la galerie, on découvre d’abord les peintures à l’huile, ces paysages qui sont à la fois très beaux et chargés de dramaturgie, entre une dévastation possible et une résurrection probable, une nature forte mais faillible tout à la fois, des lieux remués, à l’intérieur desquels on pénètre avec prudence mais qui, par une sorte de magnétisme vous attire, vous inquiète, comme une virée en haute mer. On voudrait les traverser ces paysages, les éprouver, et puis aller voir plus loin, derrière, savoir ce qui s’y passe, pressentant que notre présence, quoi qu’il soit, sera sans importance, et vite effacée. Et pourtant, la certitude que ces paysages gardent tout, n’oublient rien.

Ailleurs dans la galerie, juste après la turbulence des dessins au fusain, ces ouragans pourtant menacés de disparaître d’un seul souffle, il y a les peintures sous verre – on a changé d’attelage – toute cette vie qui frémit là, fleurs, pétales ou femmes qu’importe, palpitations, systole-diastole, sang qui glisse, corps qui coulent, vivaces, cette transparence liquide, insaisissable, pour peut-être signifier l’épaisseur d’un miracle : celui de la fécondité, et puis d’un autre, cette fois-ci plutôt un mystère : celui de notre finitude.

Evoquer la fragilité de ce qui est, autour de nous et en nous, c’est nous faire vaciller, sortir de l’intérieur de nos murailles, oublier nos gardiens, nous concentrer sur ce qui, vraiment, constitue le cours des choses.

Ces paysages, ces fleurs, ces plantes – dans ce temps aigu qui les constitue – nous oblige, et je voudrais remercier Muriel Zeender de nous offrir cela, à combattre… l’engourdissement. »

Contact

Muriel Zeender

Pour me contacter: muriel.zeender@bluewin.ch

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